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2012/08/21
L'absence de lignes directrices en matière de conflits d'intérêts rend ceux-ci indétectables dans les rapports de recherche médicaux, démontrent les chercheurs
Les revues systématiques peuvent masquer l'influence potentielle des fabricants de médicaments vis-à-vis les preuves médicales
 
 
Un manque de lignes directrices régissant la façon dont les conflits d'intérêts financiers sont déclarés dans les revues systématiques en rapport avec des études sur les médicaments pourrait faire en sorte que les médecins, les patients et les décideurs n'aient pas accès aux renseignements importants permettant d'évaluer adéquatement de telles études, met en garde une équipe internationale de chercheurs dirigée par des chercheurs de l'Institut Lady Davis de l'Hôpital général juif de Montréal.  Leurs conclusions paraîtront demain dans le prestigieux British Medical Journal (BMJ).

L'équipe, dirigée par le Dr Brett Thombs et Mme Michelle Roseman, a examiné 151 revues systématiques publiées dans la très respectée Cochrane Database of Systematic Reviews et a constaté que seulement 20 % d'entre elles avaient déclaré la source de financement pour tous les essais cliniques sur les médicaments faisant l'objet de l'étude. Dans moins de 10 % d'entre elles, on retrouvait des informations à l'effet que des employés de compagnies pharmaceutiques pouvaient avoir rédigé les rapports sur les essais cliniques en rapport avec les médicaments ayant été évalués.

« Aucun essai clinique ne peut à lui seul répondre à toutes les questions importantes concernant les avantages et les risques potentiels de tout médicament. C'est pourquoi les décisions concernant quels médicaments les médecins choisissent de prescrire aux patients sont souvent basées sur des revues systématiques qui synthétisent les résultats d'un grand nombre d'essais cliniques », a expliqué le Dr Thombs, chercheur chevronné à l'ILD, titulaire de la chaire William Dawson et professeur agrégé à la Faculté de médecine de l'Université McGill. « Il n'y a pas de normes, toutefois, qui exigent que les auteurs de ces revues systématiques identifient clairement les conflits d'intérêts financiers dans les études sur les médicaments qu'ils évaluent ».  

La présente étude confirme les conclusions d'une recherche antérieure effectuée par cette équipe, également dirigée par le Dr Thombs et Mme Roseman, qui a été publiée l'an dernier dans le Journal of the American Medical Association. Au cours de cette étude, 29 revues systématiques publiées dans de prestigieuses revues médicales ont été analysées et l'étude a permis de constater que seulement deux d'entre elles avaient mentionné les sources de financement des essais cliniques sur les médicaments qu'ils avaient cités.

« Ces deux études mettent en évidence le besoin urgent de réformer les lignes directrices qui régissent la conduite de revues systématiques », a déclaré Mme Roseman, une étudiante aux cycles supérieurs de l'Université McGill et première auteure de ces deux études. « Autrement, des informations essentielles pourraient être cachées aux personnes qui doivent prendre des décisions importantes à propos de nos soins ».

« L'objectif d'une revue systématique est de fusionner le plus grand nombre de données et les données les plus complètes possibles provenant d'essais cliniques accessibles au moment de la revue systématique. Cependant, considérant la façon dont elles sont réalisées actuellement, il s'avère très difficile de déterminer qui finance quoi », a déclaré le Dr Thombs. « Quoiqu'il soit possible que certains auteurs n'aient pas intérêt à divulguer les relations de financement avec les fabricants de médicaments, ce problème démontre peut-être simplement un manque de considération vis-à-vis l'importance de déclarer les conflits d'intérêts financiers. Si nous devons faire confiance aux conclusions de ces revues systématiques, la transparence est essentielle ».

L'article, intitulé : « Reporting of conflicts of interest from drug trials in Cochrane reviews » (La déclaration des conflits d'intérêt en rapport avec des essais cliniques portant sur des médicaments dans des revues systématiques Cochrane), est disponible en ligne au  http://www.bmj.com/content/345/bmj.e5155.

Les Instituts de recherche en santé du Canada et le Fonds de la recherche du Québec - Santé ont fourni le financement permettant de soutenir les travaux en rapport avec cette étude. En plus du Dr Thombs et de Mme Roseman, les chercheurs suivants ont contribué à cette étude : Lisa A. Bero, Ph. D., de l'Université de la Californie, à San Francisco; James C. Coyne, Ph. D., de l'Université de la Pennsylvanie, à Philadelphie, et l'Université de Groningen, aux Pays-Bas; Joel Lexchin, M. D., de l'Université York, de l'Université de Toronto et du Réseau de santé universitaire de Toronto, et Erick H. Turner, M. D., de l'Université des sciences de la santé de l'Oregon, à Portland.
 
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Pour de plus amples renseignements à cet effet ou pour planifier un entretien, veuillez contacter :

Tod Hoffman
Agent des communications en recherche
Institut Lady Davis
Tél. : 514 340-8222 poste 8661
Courriel : thoffman@jgh.mcgill.ca