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2018/01/17
Une étude comparative entre les types de statines ne démontre aucune différence importante sur le risque de développer la maladie d’Alzheimer

                                      


Une comparaison effectuée entre les utilisateurs de statines a démontré qu’aucun type de statine n’offrait de protection supérieure contre la maladie d’Alzheimer

Montréal, 16 janvier 2018 - Les données provenant de plus de 465 000 utilisateurs de statines sur une période de dix-huit ans ont démontré que les statines d’origine fongique ou lipophiles n’étaient pas associées à une diminution de l’incidence de la maladie d’Alzheimer comparativement aux statines synthétiques ou hydrophiles. La recherche, publiée dans la revue Neurology, a été entreprise afin de savoir si certaines caractéristiques des statines pouvaient influencer leurs propriétés neuroprotectrices.

« Il y a eu des affirmations contradictoires, au fil des ans, voulant que les statines puissent être associées à des taux plus faibles de maladie d’Alzheimer », a déclaré le docteur Paul Brassard, épidémiologiste à l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif, l’auteur principal de l’article. « Cependant, la plupart des études comparent les utilisateurs de statines à ceux qui ne les utilisent pas. Ceci peut être problématique puisqu’elles comparent des personnes ayant des états de santé différents. Notre étude est la première étude d’observation à s’intéresser seulement aux patients qui prennent des statines. En d’autres termes, nous avons comparé des patients ayant des états de santé comparables et, par conséquent, nous avons pu obtenir une image plus précise de cette association en particulier. Notre conclusion est qu’il y avait une différence infime entre les deux types de statines en ce qui concerne le risque de développer la maladie d’Alzheimer. »

Les données utilisées par le docteur Brassard et ses collègues provenaient du UK Clinical Practice Research Datalink, la plus grande base de données longitudinales populationnelles dans le monde provenant de dossiers cliniques. L’étude portait sur des patients âgés de plus de 60 ans à qui l’on prescrivait pour la première fois des statines, entre 1994 et 2012, et qui étaient suivis jusqu’en 2015. L’analyse n’a démontré aucune différence statistiquement significative dans le taux observé de maladie d’Alzheimer entre les patients prenant des statines d’origine fongique par rapport à ceux recevant des statines synthétiques.

Néanmoins, la légère variation qui a été observée — dans laquelle les statines lipophiles, celles qui sont plus rapidement absorbées dans les tissus adipeux, étaient associées à un risque plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer que les statines hydrophiles, qui sont moins bien absorbées dans les lipides — met en évidence la nécessité d’effectuer d’autres études. L’éditorial qui accompagne l’article appuie cette conclusion, tout en applaudissant l’article pour avoir fourni « de nouveaux renseignements importants dans la saga sur les statines ».

« Les statines sont très efficaces pour accomplir la fonction pour laquelle elles ont été créées, soit la protection cardiovasculaire par la diminution des taux de lipides », a déclaré le docteur Brassard, médecin en santé publique au Centre universitaire de santé McGill. « Cependant, des affirmations ont été faites à propos des autres avantages qu’elles pourraient comporter, notamment contre la maladie d’Alzheimer. Ces affirmations n’ont pas toujours été pleinement étudiées parce que les statines ne sont pas prescrites pour ces indications. C’est pourquoi il est important d’examiner tous les aspects d’un médicament afin de valider ou de rejeter ces prétendus effets. »

Le docteur Brassard souligne également que la démence comporte un large éventail de causes, donc un autre domaine de recherche consisterait à déterminer si les statines ont un effet sur les différentes manifestations de la neurodégénérescence.

« À ce stade, nous ne croyons pas que le risque de développer la maladie d’Alzheimer devrait être une préoccupation majeure lorsque les cliniciens doivent décider quelle statine administrer à leurs patients âgés de plus de 60 ans », a déclaré le docteur Brassard. « Nous croyons que cela ne devrait pas être pris en compte au moment de choisir quelle statine prescrire. »

Comparative effect of statins on the risk of incident Alzheimer disease. (Une analyse comparative des effets des statines sur le risque de développer la maladie d’Alzheimer) Liliya Sinyavskaya, Serge Gauthier, Christel Renoux, Sophie Dell'Aniello, Samy Suissa et Paul Brassard, Neurology
DOI : https://doi.org/10.1212/WNL.0000000000004818

Pour planifier des entrevues avec le docteur Brassard, veuillez communiquer avec :

Tod Hoffman
Agent des communications en recherche
Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif
Bureau : 514 340-8222, poste 28661
thoffman@jgh.mcgill.ca

Pour de plus amples renseignements à propos de l’Institut Lady Davis, consultez le www.ladydavis.ca

Pour de plus amples renseignements à propos de l’Hôpital général juif, consultez le www.jgh.ca.